La déception de la Frite

mardi 29 janvier 2019, par par Léa Machado , Pascale Logié , Sarah Baraka

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Quand on attend quelque chose on risque d’être déçu.e. Quand on attend une chose et que cette chose n’arrive pas, on est déçu.e. Quand on n’attend rien et que ça arrive, alors on est simplement content.e.s.

Dimanche après-midi on se fait une fête à l’idée de rejoindre nos amis au Café des Orgues à Herzeele, on se fait une fête de manger de la Frite. On y va pour O.R.G., le concert de Puce Moment.

On chante gaiement dans la navette parce qu’il y aura des frites et de la bière.

On chante et en chemin on voit des chevreuils dans les champs.

Le bus c’est COOL on ne conduit pas, on voit de haut.

C’est beau un chevreuil dans un champ.

Bien arrivé.e.s. COOL un ami a réservé pour nous la dernière table. COOL, on est super bien installé.e.s et on est bien. COOL mais soudain, la triste nouvelle arrive jusqu’à nos oreilles : pas de frites, il n’y aura pas de frites ce soir.

Quelle déception : venir au fin fond de la Flandres un dimanche et ne pas pouvoir se régaler de cette spécialité locale. On attendait, la Frite de ch’nord, on en salivait rien qu’à l’idée. Une frite bien chaude, croustillante qui laisse du gras sur les doigts que l’on trempe dans la mayonnaise… Déçu.e.s. C’était écrit dans le programme. Déçu.e.s. Au bar c’est le foutoir, plus de bière, pas de livreur. Double déception. Heureusement on est en bonne compagnie, on a bien l’intention de s’amuser oui, oui. Ah ce qu’on va rigoler dimanche.

Sur Trip Advisor la première friterie est annoncée à 5 km, ça fait beaucoup 5 km et il fait froid. Il fait nuit et rien ne nous dit qu’elle serait ouverte, qu’en s’engageant dans cette expédition de 10km on ne sera pas une troisième fois déçu.e.s.

Sans frite on n’a pas la patate, mais on se rassure comme on peut : on sera plus lége.è.r.e pour danser ! Pourtant la faim revient au galop, rien à se mettre sous la dent. Les frites frétillent toujours en pensée dans nos têtes. Une bière ça vaut un steak. Mais un steak ça ne vaut pas une frite. Y a pas de steak, y a pas de saucisse non plus.

Le fin mot de l’histoire est une happy end. La friterie de la place d’Herzeele ouverte, cinq barquettes de frites dans le sac en plastique, trois ketchups et une mayo. Le fin mot de l’histoire c’est des frites au saindoux que dévorent ravi.e.s même les végétarien.ne.s. Ça n’a pas suffi à nous décevoir une quatrième fois pourtant !

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